Quatre jours de ferveur : la France laïque accueille le pape Léon XIV
Du 25 au 28 septembre, Léon XIV a rassemblé plus d'un million de personnes entre Paris, Saint-Denis, Lourdes et Metz. Première visite d'un pape à Paris depuis 2008, elle a ravivé le débat français sur la laïcité.
Published on 28 September 2026
Du vendredi 25 au lundi 28 septembre, le pape Léon XIV a effectué sa première visite en France, entre Paris, Saint-Denis, Lourdes et Metz. Premier pape à se rendre à Paris depuis 2008, il y a été accueilli par une véritable marée humaine, c'est-à-dire une foule immense. Dès le vendredi, son passage en papamobile, la voiture d'où il salue la foule, a rassemblé 300 000 personnes selon le Vatican. Le soir même, 80 000 jeunes l'ont accueilli au Stade de France, à Saint-Denis, dans une ambiance de concert.
Le temps fort de la visite a été la messe en plein air du samedi, place de la Concorde et sur les Champs-Élysées. Les organisateurs attendaient 600 000 fidèles. Le Vatican en a finalement compté environ 800 000, installés sur plus de deux kilomètres, jusqu'au-delà de l'Arc de Triomphe. Ceux qui ne voyaient pas l'autel pouvaient suivre la cérémonie sur des écrans géants. Un tel rassemblement a exigé un dispositif de sécurité exceptionnel : 12 500 policiers et gendarmes, 17 000 bénévoles, et un budget de 27 millions d'euros.
Cette visite a relancé un débat propre à la France : celui de la laïcité. Depuis la loi de 1905, l'État français est séparé des Églises. Il ne reconnaît ni ne finance aucun culte, mais il garantit à chacun la liberté de pratiquer sa religion. Pour une partie de l'opinion, c'est précisément cette séparation qu'une messe géante sur une place publique vient brouiller. Une association a même saisi la justice pour tenter de faire annuler la messe, qui a pourtant bien eu lieu. Les défenseurs de la visite soulignent que le pape a été invité par le président de la République, comme n'importe quel chef d'État. Selon eux, la laïcité protège aussi la liberté de culte et n'interdit pas les rassemblements religieux. Emmanuel Macron, lui, n'a assisté à aucune cérémonie religieuse. À la messe, il s'est fait représenter par le Premier ministre et par son épouse, Brigitte Macron.
Au-delà des foules, le pape a multiplié les rencontres et les prises de position. Petit-fils d'immigrés, il a commencé sa deuxième journée dans une association parisienne d'aide aux migrants, la Maison Bakhita. Il a aussi reçu des victimes de violences sexuelles commises par des prêtres, un sujet douloureux pour l'Église de France. Il s'est également rendu à l'Unesco, l'agence des Nations unies pour l'éducation et la culture, dont le siège est à Paris. Après Paris, le voyage s'est poursuivi à Lourdes, où il a prié à la grotte samedi soir avant de célébrer une nouvelle messe dimanche. Il s'est achevé lundi à Metz.
Que reste-t-il de ces quatre jours ? Pour l'Église de France, une démonstration de force : plus d'un million de personnes en deux jours, un chiffre que le Vatican revendique. Pour l'État, un exercice d'équilibre : recevoir un chef d'État étranger sans participer à ses cérémonies religieuses, une ligne que le président a tenue jusqu'au bout. Et pour tous, une image : des centaines de milliers de personnes réunies sur les Champs-Élysées, un samedi de septembre, pour une messe.
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